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La crèche est un projet de fiction librement inspiré de ce qu’on a appelé l’affaire Baby Loup. À partir d'une enquête de terrain, j’ai écrit une pièce et un scénario de long-métrage. L’histoire est déplacée dans le temps et dans l’espace : je la situe en 2016 dans le quartier imaginaire de Puits-Hamelin, sur les hauteurs de Saint-Étienne.

Les trois objets qui composent ce projet ont chacun leur finalité propre.

L’essai est une analyse du conflit d'origine à l'aide des outils de la philosophie sociale (théorie de la reconnaissance, de l'identité...) et de la pensée de René Girard. J'essaie d'y montrer le cheminement du conflit, et d'en comprendre les soubassements.

La pièce décompose les rouages d’une mécanique du conflit, qui s’impose aux personnages. L’écriture théâtrale me permet de maîtriser le déploiement des paroles antagonistes, de composer des résonances et des contre-points, et de révéler un paysage social à la fois réaliste et stylisé. Cette pièce travaille les langages de notre époque, la manière dont ils se répondent en miroir en se prétendant pourtant opposés les uns aux autres. Elle décrira le piège où se trouvent acculées les personnes de bonne volonté, un piège dont nous saisirons chaque étape. La pièce naît d’un désir d’écriture : celui de restituer sous la forme d’une mécanique du tragique la complexité d’un phénomène social.

De ce travail fondamental, le film serait comme une mise en pratique. J’ai envie d’un objet à l’écriture beaucoup moins « tenue », irrigué par une parole documentaire partiellement improvisée. Autour de comédiens professionnels portant les rôles principaux, un grand nombre d’interprètes amateurs viendront tenir des rôles proches des leurs, et feront entendre depuis l’intérieur du film une parole authentique. La méthode de tournage sera proche de celle de Loach : longues improvisations en amont du tournage, équipe technique légère, grande réactivité du dispositif aux aléas du réel... Puis, le montage organisera cette matière autour des enjeux du récit. Lors de la résidence à Saint-Etienne de septembre 2016, nous avons testé ce mélange entre comédiens amateurs et professionnels, sur scène : sécurisés par des comédiens solides et qui dirigeaient les scènes de l’intérieur, les habitants sollicités ont amené à certaines scènes une profondeur et une authenticité que nous n’aurions pu inventer.

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